Comment peut-on le faire ?
L'idée est la suivante : les satellites qui tournent au-dessus de la Terre sur une orbite dite géostationnaire, comme les satellites de communication, maintiennent leur position par rapport à un point précis de la surface de la Terre, au-dessus de l'équateur. Cela implique que sa vitesse angulaire est la même que celle de ce point fixe. Il suffit de faire passer un câble entre celui-ci et une station spatiale, et le câble tournera sur toute sa longueur à la même vitesse : 36 000 kilomètres de trajet libre vers le ciel.
Cela défie la logique, mais c’est tout à fait possible. Le câble serait suspendu comme par magie, soutenu par l'inertie de rotation de la station, et ancré à une plateforme maritime dans l'océan Pacifique. Et une fois qu'il y a un câble, il ne reste plus qu'à le grimper, petit à petit. Le résultat, selon des études de la Direction des projets de vol de la NASA, est que des personnes et des marchandises pourraient être mises en orbite à un prix inférieur à 8 euros le kilo.
Magie nanotechnologique
Quelques problèmes, cependant, font obstacle à l’ascenseur spatial. La première et fondamentale chose est la façon dont ce câble est posé. La proposition la plus convaincante est de lancer environ 10 fusées qui placent de petits câbles les uns à côté des autres, jusqu'à ce que celui qui en résulte résiste à l'ascension des robots « grimpeurs », qui traînent sur lui trois cents autres câbles. Trois ans plus tard, la ligne serait prête à transporter des navires pesant jusqu'à 20 tonnes tous les quatre jours.
Un tel câble devrait également être très résistant, constitué de matériaux qui n'apparaissent pas spontanément dans la nature : les nanotubes de carbone. Développés uniquement en laboratoire, ils ont une légèreté et une résistance qui les rendent idéaux pour le projet. Le problème est qu’ils sont encore très chers et que seules des fibres de quelques millimètres de long ont été produites.
Il existe de nombreux autres défis, mais ils semblent tous surmontables. La NASA et les scientifiques s'accordent pour fixer un horizon pour concrétiser cette idée : 2020. Quinze ans pour continuer à rêver de conquérir l'espace, à prix cassé.
Source : elpais.com